Revêtant de cette sorte un caractère propre, les cités figurent en tant qu'entité structurée, esthétique et dont on perçoit donc petit à petit la fragilité.

La patiente méticulosité avec laquelle l'artiste rapporte chacune des ruelles est éclaircie par la précision du trait, la rigueur des proportions, l'aisance du détail. Ces faits objectifs n'ôtent en rien au charme des centres enserrés dans leur délimitation ancestrale.

Soudain, dans le regard de l'artiste la ville devient centre et l'on quitte les cieux planants pour le grand plongeon. Nous acceuillent maintenant des méandres aux luminescences intermittentes d'un coeur battant au rythme de traits assénés de façon orthogonale. Nous entrons de plain-pied dans le décor ainsi planté, nous dirigeant aussitôt vers un souffle de lumière immédiatement apparent. En effet, des brèches visibles et immanquables dans les nombreuses coulisses attestent de la conception humaine de ces constructions.

On y évolue donc en bonne compagnie car tout est habité, et même dûment surpeuplé par nombre de personnages évoluant dans ces passages, revenant toujours, on l'aura observé, des confins de la toile. Ils s'en retournent donc vers nous, chargés d'une connaissance que seule peut conférer un voyage entrepris vers l'inconnu.

Que dire de la démarche? Plaur, après avoir dessiné en vue aérienne des sites médiévaux très choisis et de caractère, tels que Carcassonne, Ibiza, Guérande, s'est adonné avec succès à la décoration d'intérieurs de bâtiments se familiarisant aux grands formats. aujourd'hui, il nous abandonne ces visions dans lesquelles des ornements humains se fondent de façon baroque à la débauche de perspectives et de coulisses offertes par d'audacieuses et romantiques élévations. Bien entendu, la ville se prète au jeu car elle est flexible, ses structures apparemment figées se rendent totalement à la fonction exigée. Elle est vivante encore. A l'instar des vanités, ces paysages urbains nous renvoient à l'altérité universelle.