Une peinture à deux temps et mille mouvements (Plaur 1)
le jeudi 6 août 2009, 16:05 - Presse - Lien permanent
Par Louis Asselin le 29 juin 2005
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Allô, Plaur ? demandai-je.
Plaur n’existe plus depuis longtemps, me dit Luc Bernad.
C’est l’histoire d’un artiste qui se choisit un nom d’artiste – Plaur-, se crée un univers original, produit une centaine d’oeuvres, les montre assez peu, quelques fois, au milieu d’un tas d’artistes ou dans le cadre éphémère d’une performance ; est déçu du public, veut aller au-delà et fait disparaître Plaur.
L’artiste existe toujours, il est en ce moment en voyage à Madagascar, jusqu’en septembre.
A ce stade de ma note, je ne peux m’empêcher de citer un passage sur Guy Debord, extrait de La Guerre du Goût (Sollers) : (…) écrivain français dont quelques amateurs savent qu'il est, de loin, le penseur le plus original et le plus radical de notre temps. Un lecteur à Jérusalem, un autre à Stockholm, un autre encore à Sydney, deux à Paris, cinq ou six autres ailleurs, cela suffit amplement (…) Mais enfin, qui est ce Debord ? Vous le connaissez ? Où peut-on le rencontrer ? L’interviewer ? Le photographier ? Le filmer ? Comment vit-il ? Qui le paye ? Pourquoi sa maison d’édition n’adresse-t-elle pas ses livres aux journalistes ? (…) Sensibilité extrême soulignée par une feinte froideur… Très facile à lire, très difficile à comprendre (…)
C’est vrai ça, pourquoi l’ex Plaur montrerait-il son univers ? Quelques initiés… Quelques enfants passionnés… Peut-être en Europe du Nord. Les curieux en sauront plus dans quelques mois sur son site Internet. Pourquoi chercher à le comprendre ? J’y renonce. C’est superbe. Unique. Bosch contemporain.
Je synthétise :
1er temps de chaque peinture : des brosses pour construire ses architectures et les contraster.
2eme temps : choix d’une musique, danse et peinture simultanée à l’aérographe de ses figurines en ligne.
Le processus de création est structuré, mais l’élan et la spontanéité dominent les 2 temps et les mille mouvements de danse et de dessin à la peinture.
Si je devais reprendre la classification de Dali (technique, inspiration, couleur, sujet, génie, composition, originalité, mystère et authenticité), mes meilleures notes iraient au Mystère et à la Composition.